Au vent des Étoiles

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«Tous les êtres vivants du monde sensible ne sont que des copies imparfaites de formes éternelles (immuables) résidant dans le monde des idées. L’âme existe avant le corps, mais dès qu’elle intègre sont enveloppe charnelle, elle oublie qu’elle a été en contact avec le monde des idées. À mesure qu’elle découvre les formes naturelles du monde des sens, une mémoire vague et distante des idées lui revient»

►  Platon

 

   L’artiste n’a pas conscience des mécanismes mis en jeux pour la création. L’artiste est différents de tous ceux qui créent de simples objets techniques. Rien n’est prévue à l’avance. Les idées arrivent sans que l’on sache d’où.
   L’artiste utilise des techniques bien précisent pour donner vie à ses œuvres et les plus reconnus sont ceux qui les appliquent le mieux ou savent les dépasser. 
   La perception que l’artiste a pendant le temps de la création ne ressemble pas à la perception qu’un ouvrier peut avoir de l’objet qu’il fabrique. Il y a comme un émerveillement, une part d’imprévu.


   Le talent des artistes nous étonne. Comment font-ils ? Par quels moyens obtiennent-ils un tel résultat ? 
   On découvre en eux une réelle maîtrise des outils mis à leur disposition. Or, cette maîtrise n’est pas innée. Elle découle d’une pratique de ces outils, d’une acquisition, au fil du temps, d’une certaine technique.
   L’art est différent de la technique car l’art demande l’apprentissage d’une technique.
Selon Kant, les artistes seraient dotés d’une caractéristique qui les distinguerait des autres. Ils possèderaient une sorte de don, de génie qui les inspirerait. Ce génie serait à l’origine de leur talent et de la beauté, du succès de leurs œuvres.
   Selon Platon les artistes sont possédés par les dieux quand ils composent leurs oeuvres. Lors de cet « enthousiasme » ils ne savent pas ce qu’ils font, ni pourquoi ils le font. Ils n’ont plus toute leur raison puisqu’ils sont agis par une puissance divine. Ils se contentent de suivre les commandements inconscients de la Muse et leur talent ne leur incombe pas. 
     

 "Fragments célestes" La ronde de l'Univers et de la vie

   Que l’on soit écrivain, plasticien, peintre ou compositeur, à l’origine l’artiste se trouve toujours confronté à la page blanche. Le premier geste qui le pousse à le noircir, la première énergie qui l’incline à la remplir, c’est une idée. L’idée est le germe de toute action créatrice. Elle est au départ souvent vague, imprécise mais suffisamment présente à l’esprit pour se lancer dans l’aventure. La réalisation de l’œuvre consiste à aller à sa rencontre. Faire coïncider l’esprit et la matière n’est pas chose facile. L’artiste n’est rien d’autre qu’un humble artisan de l’esprit. Cela consiste à faire descendre l’esprit (l’idée) dans la matière (l’œuvre). L’œuvre est une idée incarnée.
   « La forme est la chair même de la pensée », écrivait Flaubert.
   D’où vient l’inspiration ?
   La première définition est d’ordre physique, la deuxième d’ordre métaphysique : sorte de souffle émanant des êtres surnaturels qui apporteraient aux hommes des conseils, des révélations […] Souffle créateur qui anime les artistes. Lorsque nous sommes inspirés, particulièrement dans un état de rêverie, captons-nous des bribes d’informations présents dans « l’air du temps » ? Y aurait-il dans l’espace qui nous environne des cocons d’idées non encore conscientisés et que nous développerions dans la chambre noire de notre cerveau avant de les modeler dans la matière ?
   Baignons-nous dans un champ de conscience, émanation de toutes nos pensées individuelles, de toutes nos interactions ? Champ de conscience qui « informe » le chercheur, l’écrivain, l’artiste, et dans lequel il vient puiser par le canal de son inspiration et auquel il donne forme en dévidant son cocon, selon son tempérament ?
   Du verbe « réfléchir », le dictionnaire donne la définition suivante : « renvoyer par réflexion dans une direction différente, ou dans une direction d’origine. » Que réfléchissons-nous ?
   L’idée vient-elle du dedans ou du dehors, ou plus exactement de l’emboîtement de ces deux champs ?

 Henri-Marc Becquart