Au vent des Étoiles

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Histoire des cathédrales


L'art c'est l'âme de l'humanité.
   ► Kandinsky
L'homme pense parce qu'il a une main.
   ► Anaxagore

♦ Cathédrales

   Il est arrivé quelquefois dans l’histoire — peu souvent — qu’une société humaine s’exprimât toute entière en quelque monuments parfaits et privilégiés. De telles fleurs ne jaillissent et n’atteignent à leur épanouissement que lorsque la sève est pure et abondante, c’est-à-dire lorsque la société est féconde, harmonieuse, et qu’il existe dans sa masse cet instinct de création, cette ferveur spirituelle qui, portant l’homme mortel au-dessus de lui-même, le poussent à s’éterniser. 
   De telles œuvres ne naissent point par hasard, mais des patiences obscures et des grandes espérances, en un moment favorable du temps. Aussi marquent-elles le point culminant de la courbe que décrivent les sociétés humaines ; ce sont fleurs brèves de perfection. 
   A travers elles, c’est toute la civilisation qui les a créées qui se laisse comprendre. 
   Le Moyen Age occidental a possédé son œuvre représentative. Il s’y est même exprimé avec une plénitude qui ne fut guère nulle part, ni en nulle époque, égalée. 
   Pour lui, la fleur parfaite se nomme la Cathédrale : unique, irremplaçable. 

♦ Les mains qui firent les cathédrales

 

   Qui étaient-ils, les hommes dont les mains firent ces merveilles ? On ne les désignait pas encore sous le terme d’architecte ; on disait « maître de l’œuvre » ou « maître maçon ». A cette époque, la différence entre artisan et artiste était inexistante, tant le respect du travail manuel allait de pair avec la plus haute inspiration artistique.
   La cathédrale n’est pas œuvre d’ignorants. Car il serait puéril d’admettre que des bâtiments d’une telle perfection eussent été réalisés empiriquement, comme par hasard. Sur les murs des cathédrales sont inscrit des épures qui montrent que les mathématiques, la géométrie dans l’espace, la trigonométrie étaient connues ; dans « la chambre des traits » du maître d’œuvre, les cathédrales ont été dessinées au tire-ligne, avec l’équerre et le compas.
   Il n’est pas sur que l’homme moderne ait percé le secret de ces connaissances… 
Dans le faîtage de Notre-Dame de Paris on constate que la partie ancienne de la toiture a des poutres beaucoup plus mince que la partie moderne et que celle placées par Viollet-le-Duc sont attaquées par les insectes alors que celles du XIIIème siècle sont intactes ; quel procédé de conservation a été utilisé ? Faut-il admettre la transmission de secrets dans les confréries de bâtisseurs ? 
   Au Moyen Age la mesure usuelle était « la coudée ». Elle variait selon les contrées. Celle qui a servi à bâtir la cathédrale de Strasbourg est la même que celle qui fut utilisée pour édifier la Grande Pyramide.
   Comment les maîtres de l’œuvre acquéraient-ils ces connaissances ?
   Il n’existait pas « d’école des beaux-arts » ni d’universités. Pourtant il n’est pas possible que des hommes ayant atteint à un si haut degré de compétence n’aient pas voulu former des disciples.

1 — L’architecture gothique 

Au contraire de la technique de l’art roman, fortement ramassée sur soi, la cathédrale gothique est une église debout.
Au contraire du lourd berceau qui assombri la nef, la technique gothique appelle la lumière.

2 — L’invention décisive fut donc l’ogive  

   Qu’entend-on par là ?
   Ogive n’est pas synonyme d’arc brisé « tiers point », cette forme d’arc formée de deux segment de cercle se joignant selon un angle plus ou moins aigu.
   L’ogive, ou pour mieux dire, la croisée d’ogive — « l’ogive qui se ferme ainsi qu’on croise les mains » — n’est rien d’autre qu’un moyen technique pour résoudre le problème de la couverture de la nef, mieux que n’avait fait la voûte romane.

• Extraits de — Cathédrales — Daniel Rops de l’Académie française 

♦ Le compagnonage

   Par la conscience du métier le compagnonnage mène à celle de l'homme, par la conscience de l'homme à celle de la cité. Du chef d’œuvre, il atteint à la notion d'élite et de la notion d'élite celle d'ordre civique.

Charte des Compagnons du Devoir :

— Ne pas asservir, ne pas se servir, mais servir — 


... Et où était-elle, cette Arche d’alliance ? Je vous le demande !
Dans le Temple de Salomon, à Jérusalem...

Dans « Les Rois », nous trouvons ceci : 
   Salomon dit : « L’Éternel a déclaré qu’il habiterait dans l’obscurité. J’ai achevé de construire une maison qui sera ta résidence, ô Dieu, une demeure ou tu habiteras éternellement. »

   La-dessus, Salomon a construit le Temple et on n’a jamais plus entendu parler de l’Arche. Donc l’Arche est cachée dans le Temple. Mais qu’est-ce qu’elle contenait donc cette « sacrée Bon Dieu d’Arche d’alliance ? »
   — Elle contenait l’équation du monde...

   Et ce tympan lui-même est le portail de la connaissance. Voyez ces archivoltes, la première compte 9 cases, la deuxième 27 médaillons, la troisième quarante-cinq coquilles ; les personnages vont par cinq, douze, treize, les autres par sept, vingt-quatre et vingt-cinq. Tout est là, méditez ces chiffres, tripatouillez-les avec vos ordinateurs et vous verrez qu’ils suffisent, avec trois, quatre et cinq, à résoudre les quatre triangles et les sept angles que Pythagore cru découvrir cinq siècles après nous... Quant à la quadrature du cercle...

Salutas la Coterie ! A moi le chemin des étoiles !

 

• Henri Vincenot — Le Pape des Escargots — 1972