Au vent des Étoiles

Au vent des Étoiles
Identifiez-vous
Pseudo :
Mot de Passe :
mot de passe oublié ?
Interview de Satprem par David Montemurri


   La difficulté ne provient pas du fait d’avoir perdu quelque chose, mais de ne pas se souvenir de ce que nous avons perdu.

♦ L'Homme après l'homme

“On n’est pas dans une crise morale, on n’est pas dans une crise politique, financière, religieuse, on est dans une crise évolutive. On est en train de mourir à l’humanité pour naître à autre chose...”
C’est ainsi que Satprem répond à David Montemurri qui lui pose, au cours de cet interview, un certain nombre de questions concernant la crise de civilisation que nous traversons actuellement et l’avenir du monde moderne. Si ce film, tourné il y a vingt ans, se réfère à des événements politiques et sociaux qui sont de ce fait un peu dépassés, les réponses de Satprem, elles, demeurent d’une actualité brûlante : 
“Après cet homme douloureux et insensé que nous sommes et qui semble courir à sa perte, y aura-t-il autre chose, ou bien faut-il nous résigner à la catastrophe et à la disparition de l’espèce humaine ?”
C’est la Question que pose ce documentaire :
Que sera l’Homme après l’homme ?

 

Davide Montemurri : on dirait que les hommes n’arrivent pas à concevoir la fin de leur espèce et ce passage éventuel à une autre !
espérance 
Satprem : Mais qu’ils le conçoivent ou ne le conçoivent pas, qu’elle importance. Évidemment s’ils le concevaient ce serait plus facile, mais s’ils ne le conçoivent pas ça leur tombera sur la tête, c’est en train de leur tomber sur la tête, le plafond s’écroule, alors s’il ne consentent pas, ils seront cassés, c’est tout.
Davide Montemurri : Je pense que c’est pour cela qu’il y a beaucoup de monde qui commencent à sentir cela comme quelque chose d’insupportable, comme un besoin insupportable.
Satprem :
Mais oui c’est ça la clé justement, il faut que se soit insupportable.
Quand on est arrivé à un point d’asphyxie tel, ou d’impossibilité telle, il faut bien qu’on trouve l’autre possibilité ou on meure.
Mais tu n’arriveras pas à passer dans l’autre possibilité tant que la vieille manière d’être ne seras devenu impossible, c’est conforme à toutes les lois évolutive.
On passe dans une autre espèce quand la vieille espèce, pour des raisons quelconques, ses conditions deviennent insupportables ou impossibles ou asphyxiantes.
Alors le génie qui est dans ces cellules humaines est obligé de trouver le nouveau mécanisme de la nouvelle façon d’être qui pourra traverser ces conditions invivables, et si dans ces cellules humaines il n’y a pas le secret qui vous aide à cette adaptation nouvelle, vous mourez, c’est tout. 
Et quand on arrive au point d’impossibilité eh bien vous êtes obligé de trouver la nouvelle possibilité, et c’est pas une question de penser, d’y penser ou même de vouloir, on est physiologiquement obligé. 
C’est dans le corps qu’est le secret.
Parce que, qu’est-ce qui évolue ? c’est pas la pensée qui évolue, c’est le corps, ce sont les espèces. 
De quelle façon on t’elles évoluées ? elles ont évoluées par leurs cellules, par leur corps, et nous « Hommes » c’est tout pareil, on a mis de la pensée la dessus, mais c’est pas ça le fondement, le fondement c’est ce qui ce passe dans ce corps, simplement, simplement. 
C’est beaucoup, n’est-ce pas, la pensée, toute cette traversée évolutive qui nous a conduit jusqu’à l’homme, nous permet, nous donne la chance, la grâce, de comprendre le phénomène au lieu de le subir inconsciemment comme toute les espèces précédentes. 
  Nous avons la possibilité merveilleuse de comprendre le phénomène. Pour une fois dans l’évolution le prochain stade se passera consciemment, c’est-à-dire qu’on peut ouvrir les yeux, et que comprendre le processus, et alors du moment ou on le comprend, ça change beaucoup de choses, c’est-à-dire qu’on peut hâter le processus, on peut collaborer au processus au lieu d’être écraser par des conditions suffocantes que l’on ne comprend pas.
Toute la déraison, la folie, les horribles choses qui se passent dans le monde, c’est parce que les hommes ne comprennent pas le processus.


• Interview réalisé en 1981 par David Montemurri dans les Nilgiris, les Montagnes Bleues du Sud de l’Inde, où Satprem résidait.