...Quelques morceaux de bois ou de tissu…....................................................... ...Des laines et parfois des cartons…....................... ...Et des fils ou des tiges…........................... Soudain, Ces éléments inertes et quelques peu disparates, Par le jeu subtil des formes et des couleurs, Par un mystérieux ensecrètement, par la puissance du Geste, Ces éléments prennent vie : C’est la Marionnette. Son origine se perd dans la nuit des temps, Et au cours des siècles, Tel le Phénix, Sans cesse elle renaît de ses cendres…..................................................... Quelques explications : ensecrètement et marionnette. C'est un terme est un peu mystérieux, non seulement parce que c’est un terme médiéval périmé, mais surtout par sa signification. L’ensecrètement est l’étape finale du marionnettiste. C’est le moment crucial, ou la poupée qui n’est pas encore une marionnette, est reliée à son « contrôle » par le moyen de fils. C’est par L’ensecrètement que le personnage devient indépendant. L'ensecrètement consiste à établir une suspension équilibrée à la hauteur prévue pour la manipulation, et à disposer les fils de façon à pouvoir faire exécuter à la poupée une série de mouvements choisis. Une marionnette peut être exemplaire comme sculpture : elle se contentera de demeurer « une forme mobile » sans doute belle à regarder, mais ne deviendra pas pour autant une véritable marionnette si elle ne remplit pas certaines conditions. Dans le passé, comme « l’ensecrètement » se pratiquait à l'abri des regards indiscrets, le marionnettiste pouvait, s’il se séparait de ses marionnettes, les désensecrèter. La plupart des marionnettistes fabriquent eux-mêmes leurs marionnettes, et chacun possède ses propres savoir-faire. Ceux-ci sont jalousement gardés, et en particulier le contrôle de la marionnette à fils, contrôle qui peut être de différentes sortes, suivant le pays et les habitudes du marionnettiste. Ainsi, les liens de la marionnette à son contrôle, et le contrôle lui-même restent-ils la plupart du temps secrets de fabrication. Dans les théâtres de marionnette, les croix sont souvent recouvertes à chaque fin de représentation afin de préserver la confidentialité. Marcel Temporal raconte ainsi que les marionnettistes refusaient de traverser les plateaux des confrères si les croix de contrôle n'étaient pas couvertes, afin de ne pas trahir le secret. Il faut savoir appliquer les lois qui la régissent, lois élémentaires de physique : poids et contre-poids, action-réaction, longueur des fils par rapport au poids et, la plus importante de toutes, la position du centre de gravité. Après avoir respecté ces conditions sine qua non, c’est alors que son fabriquant peut poser le geste essentiel, c’est-à-dire fixer les fils et les relier à un contrôle. L’un des grands attraits du métier de marionnettiste est qu’il permet de créer tout un monde à la seule mesure de l’imagination. Cependant, de nos jours, il est assez rare qu’une seule personne reste maître absolu de la création, car il faut qu’elle soit tour à tour sculpteur, peintre, costumier, décorateur, éclairagiste, metteur en scène et tout ce que cela exige de formation et de connaissances. ► Micheline Legendre — marionnettiste canadienne — Membre de la Société royale du Canada |
« Prestigieuses petites créatures douées à leur naissance des faveurs de plusieurs fées, les marionnettes ont reçu de la sculpture, la forme - de la peinture, le coloris - de la mécanique, le mouvement - de la poésie, la parole - de la musique et de la chorégraphie, la grâce et la mesure des pas et des gestes - enfin, de l’improvisation, le plus précieux des privilèges, la liberté de tout dire ». • Charles Magnin — une Histoire des marionnettes en Europe — 1852 |